Mariage malagasy : trois oui pour un nom?

mariage

Mon frère se marie. Mon frère est malagasy. Je dois faire une emphase sur cette deuxième phrase parce que cela constituera le fondement de toute cette réflexion autour du mariage telle qu’il est conçu (ou imposé) à mon époque et dans ma culture.

 

Première marche

Dans les temps ancestraux, pour le Malagasy soit bien dit, l’union d’une femme et d’un homme était formalisée par une cérémonie appelée « fanateram-bodiondry ». Les parents du jeune homme offraient un cadeau à la famille de la jeune femme devant plusieurs témoins à la suite d’une bataille oratoire sans pitié. Je vous épargne le nombre de « transactions » non conclues juste parce que l’orateur d’un ou des deux côtés n’était pas à la hauteur ou que la somme donnée était estimée comme insuffisante. Cette cérémonie coutumière était suffisante pour dire d’une couple qu’ils étaient « mari et femme ». De là, ils pouvaient avoir leur foyer, leur indépendance, des enfants, des rêves, des scènes de ménage… bref, tout ce qui caractérise la vie maritale à proprement parler.

Deuxième marche

Aujourd’hui, bien malheureusement, cette pratique semble avoir été reléguée au rang de simples fiançailles. N’êtes vous passés que par cette étape ? On vous colle volontiers un regard limite hautain et on ne manque pas de vous citer que votre union n’est pas assez sacrée, un peu comme si vous n’êtes mariés qu’à 33,33%. Comme si l’union devait se mesurer comme un verre à moitié vide ou à moitié plein. Le besoin de recensement et les exigences du code civil aidant, le « fanateram-bodiondry » perd sa place en tant que cérémonie de mariage. Il faut dire une deuxième fois « oui » devant Monsieur le Maire pour que le verre commence à se remplir.

La troisième marche

Et après cette étape qui ne semble pas toujours être suffisante, j’en ai vu un bon nombre de couples qui se demandaient s’ils devraient se considérer comme mariés ou non. A ce stade, une bonne partie des concernés rentre encore chez leurs parents respectifs parce que cette cérémonie n’équivalait pas encore tout à celle de la célébration du mariage…selon les dires. Ceux qui se hasardent à vivre ensemble verront encore une avalanche de commentaires venus des bien-pensants sur le caractère non sacré de leur union, simplement parce qu’il faut passer par l’église pour que tout le truc soit validé. Validé par qui ?

Mariage_Gasy

Le sommet

Ah, j’ai oublié… « Par les pouvoirs qui me sont conférés par Dieu… » est une expression qu’il faille absolument entendre à plusieurs pour être sûr que la boucle soit bien bouclée. « Des pouvoirs… », c’est un mot fort, limite magique. Et quand des couples se déchirent quelques années plus tard, le « pouvoir » a-t-il déjà miraculeusement disparu ? Quand on fait 3 nœuds, on s’attend bien à ce que la corde soit bien nouée, non ? Avec trois vœux successifs, la corde au cou du couple malagasy devrait être solidement nouée… et les spectateurs sans voix. L’idée me fait bizarrement penser aux préliminaires d’une pendaison moyenâgeuse (et dire qu’ailleurs, on se préoccupe de la légitimité du mariage pour tous). Pourquoi compliquer les choses quand la vie peut être aussi simple qu’un « oui » ?

Trêve de réflexions macabres, je souhaite sincèrement du bonheur au foyer de mon frangin… Vous y êtes bientôt à 100% là.

Pour que survive Noël!

La nativité

Au Moyen-âge, la fête de la Nativité coïncidait avec le solstice d’hiver. C’était une journée de festivités à la suite d’une période de jeûne (l’Avent). Pour les préparatifs, tout le monde s’attelait à battre le grain ou à tuer les porcs, à orner la maison de houx et de branches vertes, à coudre de nouveaux vêtements à porter fièrement à la messe de minuit. Le sacrifice de la volaille, les repas copieux et les animations par les chants et les danses ne datent visiblement pas d’hier.

Continuer la lecture

Je cogne donc je suis

regroupement-des-maisons-pour-femmes-victimes-de-violence-conjugale-campagne-de-sensi

Un vendredi, au crépuscule. J’assiste impuissante à une scène qui a marqué plusieurs de mes nuits : un homme corpulent qui tabasse hargneusement une femme, sa femme. Pourquoi, pour une crise de jalousie elle-même infondée. Je n’oublierai pas la rage que j’ai lue dans ses yeux, la haine qui se prétend être de l’amour passionnel, le mépris qu’il exprimait envers celle qui était supposée être la chair de sa chair, sans compter les insultes… Je l’ai vu la traîner au sol au mépris de toute considération de sa nature humaine. Ah l’amour… L’amour ?

Continuer la lecture

La nature, cette incroyable pharmacie

épices

Mon petit détour au salon de l’agro-alimentaire était censé être une simple sortie de détente en fin de semaine. Je me suis rendue compte plus tard qu’au cours de ces emplettes, j’avais inconsciemment réuni l’utile et l’agréable. Dame Nature nous veut du bien, c’est clair. Pour se refaire une santé (et une beauté !), il n’y a rien de mieux que ce qu’elle a en réserve. Les petits paquets sortis de mon grand sac en raphia coloré n’étaient autre que des produits apprivoisés depuis des millénaires chez les Orientaux.

Continuer la lecture

Allo inona ? (Halloween ?)

Homme-colere-Telephone

Vous vouliez des frissons ? Vous allez en avoir.

Soyons francs, mon entrée morbide n’a rien à voir avec la fête issue des cultures Anglo-Celtes célébrée dans la soirée du 31 octobre, veille de la Toussaint. C’est au client lambda frustré des services des opérateurs de téléphonie mobile que je m’adresse, moi incluse, parce qu’il me semble que le matraquage publicitaire est le loin de prendre fin. Au contraire. La pluie de messages d’informations sur les offres X et les services Y, et des bonus inexistants, se fait de plus en plus battante, pour notre grand déplaisir.

Continuer la lecture

Une obscurité cher payée

une obscurité cher payée, électricité, coupure, Jirama, Madagascar, délestage

A chaque fois que l’électricité revient, toute la maisonnée jubile en chœur dans une ambiance digne de la Belle Epoque… Et ça se passe chez moi. Antananarivo, la ville des mille, au centre de Madagascar.

Mon timing était parfait. Et j’en étais fière. Je dirigeais les opérations à la seconde près. J’avais une organisation d’enfer. Seulement, il a suffi qu’un seul grain de sable entre dans le mécanisme pour que tout s’écroule. Et ce grain de sable s’appelait tout simplement une coupure d’électricité. Ou plutôt la « JIRAMA » (littéralement : Electricité et Eau de Madagascar).

Continuer la lecture

Mondoblog. Saison 4. Episode 1.

J’ai été reçue au casting ! « Non, sérieusement ? » J’avais un peu de mal à y croire. Ce que j’avais écrit au test était-il assez fascinant pour qu’un jury composé de grands journalistes et écrivains ait eu envie de me classer parmi les lauréats de Mondoblog ? J’étais sur mon petit nuage l’espace de quelques minutes. Seulement, lorsque je redescendis sur terre, j’ai reçu la gifle de Dame Réalité… Il va falloir travailler dur, apprendre et se laisser corriger, s’améliorer. Mais ce défi-là, je l’aime. Continuer la lecture